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Chien et chat Alimentation

Lire une étiquette de croquettes : kcal, protéines, ce qui compte

Énergie, constituants analytiques, ordre des ingrédients, « complet », « sans céréales » : lire un sac de croquettes et comparer deux aliments à la kcal.

Mis à jour le 6 min de lecture Rédigé par Pattelab à partir de sources publiées, listées en bas de page

Chien mangeant dans une gamelle posée sur le sol d'un salon
Photo : Mart Production

Un sac de croquettes porte une dizaine de mentions obligatoires, et deux ou trois suffisent pour savoir si l’aliment convient et combien en donner. Le reste est du marketing, parfois utile, souvent décoratif. Voici dans quel ordre lire, et comment comparer deux sacs sans se faire avoir par le prix au kilo.

D’abord : est-ce un aliment « complet » ?

En Europe, la mention est encadrée par le règlement 767/2009 et les guides FEDIAF. « Aliment complet » signifie que l’aliment couvre à lui seul tous les besoins nutritionnels pour l’espèce et le stade de vie indiqués (chiot, adulte, senior, chaton, gestation). « Aliment complémentaire » signifie qu’il ne le fait pas : friandises, toppings, certaines pâtées haut de gamme, rations à compléter. Donner un complémentaire comme base de l’alimentation crée des carences en quelques mois.

Vérifie aussi l’espèce et le stade : une croquette « chien adulte toutes races » n’est pas adaptée à un chiot de grande race, et une croquette chien ne couvre pas les besoins en taurine d’un chat.

Ensuite : l’énergie, la ligne qui permet de calculer

L’énergie métabolisable (EM) s’exprime en kcal/100 g ou en kcal/kg. C’est elle qui détermine la quantité quotidienne : un chien de 12 kg stérilisé a besoin d’environ 720 kcal par jour, soit 195 g d’une croquette à 370 kcal/100 g mais seulement 170 g d’une croquette à 420. Deux sacs d’apparence identique peuvent différer de 20 % en énergie.

Cette mention n’est pas obligatoire en Europe, et c’est un problème. Si elle manque, le fabricant doit pouvoir te la donner sur demande (c’est l’une des questions recommandées par la WSAVA pour évaluer un aliment). S’il ne sait pas répondre, c’est en soi une information. Avec l’énergie en main, le calculateur de ration (ou sa version chat) donne les grammes par jour et par repas.

Les constituants analytiques : lire à humidité égale

Le tableau « constituants analytiques » donne les pourcentages de protéines brutes, matières grasses brutes, cendres brutes (minéraux), cellulose brute (fibres) et humidité. Deux pièges.

Le premier : ces chiffres sont exprimés tels quels, humidité comprise. Une croquette à 8 % d’humidité et 26 % de protéines contient 28 % de protéines sur matière sèche ; une pâtée à 80 % d’humidité et 9 % de protéines en contient 45 % sur matière sèche. Comparer 26 à 9 n’a aucun sens. Pour comparer, divise le pourcentage par (100 − humidité) et multiplie par 100.

Le second : plus n’est pas mieux. FEDIAF définit des minimums (environ 18 % de protéines sur matière sèche pour un chien adulte, 25 % pour un chat, davantage pour la croissance), pas des cibles idéales. Un chat, carnivore strict, a besoin de beaucoup de protéines animales ; un chien adulte sédentaire n’a aucun intérêt à en recevoir 40 %. Ce qui compte, c’est la qualité et la digestibilité des protéines, qui ne figurent pas sur le sac.

Les cendres inquiètent souvent à tort : 6 à 9 % est normal, ce sont les minéraux (calcium, phosphore) indispensables. Un taux très élevé peut signaler beaucoup d’os dans les farines animales.

La liste des ingrédients : l’ordre et la précision

Les ingrédients sont classés par poids décroissant avant cuisson. Trois lectures utiles :

  • Ce qui vient en premier. Une protéine animale nommée (« poulet déshydraté », « saumon ») en tête est un bon signe. Attention au « poulet frais » en première position : il contient 70 % d’eau et pèse donc lourd avant cuisson ; après séchage, il peut passer derrière les céréales.
  • La précision des termes. « Viandes et sous-produits animaux » est légal et pas forcément mauvais (les abats sont nutritifs), mais c’est une catégorie générique qui peut changer d’un lot à l’autre. « Foie de volaille », « cœur de bœuf » engagent le fabricant.
  • Le fractionnement. « Maïs, gluten de maïs, farine de maïs » listés séparément font descendre chaque ligne dans le classement alors que le maïs est peut-être l’ingrédient principal au total.

« Sans céréales » : ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas

Les chiens et les chats digèrent très bien les céréales cuites ; les vraies allergies alimentaires sont rares et visent plus souvent une protéine animale (bœuf, poulet, produits laitiers) que le blé. Un aliment « sans céréales » remplace les céréales par des pommes de terre, pois, lentilles ou pois chiches : il n’est pas plus « naturel », ni moins glucidique.

Entre 2018 et 2022, la FDA américaine a reçu plus de 1 300 signalements de cardiomyopathie dilatée chez des chiens nourris majoritairement avec des aliments sans céréales riches en légumineuses. Elle a enquêté, publié plusieurs points d’étape, puis indiqué en décembre 2022 qu’elle ne communiquerait plus faute de données établissant une causalité. La prudence raisonnable : pas de panique, mais pas de raison non plus de choisir « sans céréales » par principe, surtout pour une race prédisposée aux maladies cardiaques.

Comparer deux sacs : au prix des 1 000 kcal

Le prix au kilo trompe parce qu’un aliment plus dense en énergie se donne en plus petite quantité. La bonne comparaison est le prix pour 1 000 kcal :

prix du sac ÷ (poids du sac en kg × kcal/kg) × 1 000.

Exemple : un sac de 12 kg à 58 € d’un aliment à 3 700 kcal/kg revient à 1,31 € les 1 000 kcal ; un sac de 12 kg à 52 € à 3 300 kcal/kg revient à 1,31 € aussi. Le « moins cher » ne l’est pas. Le convertisseur croquettes ↔ pâtée applique la même logique pour mélanger ou comparer sec et humide, et le guide sur le budget d’un chien la première année montre le poids de l’alimentation dans la facture globale.

Les mentions qui ne disent (presque) rien

« Premium », « super premium », « holistique », « naturel », « recette de grand-mère », « sans OGM », « approuvé par les vétérinaires » : aucune n’est définie réglementairement. « Riche en viande » n’a pas de seuil légal. « Au poulet » (minimum 4 % de poulet), « riche en poulet » (14 %), « poulet » seul sur le nom (26 %) : ces seuils existent dans le code FEDIAF d’étiquetage, et ils sont bas.

À l’inverse, trois informations qui disent beaucoup : le nom et l’adresse du fabricant (pas seulement du distributeur), un numéro de lot lisible, et la possibilité de joindre un service consommateur qui répond sur l’énergie, la digestibilité et les contrôles qualité. La WSAVA en fait une de ses questions clés : qui formule l’aliment, et où est-il fabriqué ?

En pratique, en trois minutes au rayon

  1. Cherche « aliment complet » et le stade de vie.
  2. Note l’énergie en kcal/100 g ; si elle manque, passe ou photographie le sac pour demander au fabricant.
  3. Lis les trois premiers ingrédients et la précision des termes.
  4. Calcule le prix des 1 000 kcal, pas le prix au kilo.
  5. De retour à la maison, calcule la ration et surveille sur un mois : selles, poil, poids. C’est le seul test qui compte vraiment.

Les calculateurs pour passer au concret

Questions fréquentes

Quel taux de protéines pour des croquettes de chien ou de chat ?

FEDIAF fixe des minimums, pas des optimums : environ 18 % de protéines sur matière sèche pour un chien adulte, 25 % pour un chat adulte, davantage en croissance. Au-delà, un taux plus élevé n'est pas forcément « mieux » ; la qualité et la digestibilité des protéines comptent plus que le pourcentage.

Les croquettes sans céréales sont-elles meilleures ?

Rien ne le démontre pour un animal en bonne santé. Les céréales cuites sont bien digérées par les chiens et les chats, et les vraies allergies alimentaires concernent plus souvent les protéines animales. Entre 2018 et 2022, la FDA américaine a enquêté sur un lien possible entre certains aliments sans céréales riches en légumineuses et une maladie cardiaque, sans établir de causalité ; le sujet reste ouvert.

Que veut dire « sous-produits animaux » sur un sac ?

Ce sont les parties de l'animal non destinées à la consommation humaine : abats, cartilages, tissus. Ce n'est pas un signe de mauvaise qualité en soi, les abats sont nutritifs ; le problème est le flou. Un fabricant qui précise « foie de volaille » ou « cœur de bœuf » en dit plus qu'un « sous-produits animaux » générique.

Comment savoir si une croquette est de bonne qualité ?

Regarde quatre choses : la mention « aliment complet », l'énergie indiquée clairement, des sources de protéines nommées en tête de liste, et la présence du fabricant (pas seulement d'un distributeur) avec un service consommateur joignable. Ensuite, ce sont les selles, le poil et le poids de ton animal qui tranchent.

Combien de kcal dans 100 g de croquettes ?

Le plus souvent entre 330 et 420 kcal/100 g pour un chien, 350 à 450 pour un chat, et 60 à 120 kcal/100 g pour une pâtée. Deux sacs au même prix peuvent donc différer de 20 % en énergie, ce qui change la quantité à donner et le coût réel.

Sources

Ce guide informe, il ne remplace pas une consultation. En cas de doute sur la santé de ton animal, appelle ton vétérinaire.